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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 16:49

C'est le début d'une longue histoire; je n'irai sans doute jamais au bout  :-)

AVERTISSEMENT : ce qui suit n'a qu'un intérêt limité et familial...juste tenter de faire sourire mes frère et soeurs ....  et mes petits enfants !

 

Mes moires admirez le jeu de mot !

  Pour faciliter la lecture des mises à jour progressives, les nouveaux passages sont en couleur pendant quelque temps  + un focus ici sur mes 8 ans

 

Chapitre 1

          "Terrazolithe", un mot bien savant pour commencer une histoire; Bien sûr je ne le connaissais pas : il a même fallu que je le redemande souvent à mes parents pour me mettre ce fichu mot dans la tête. c'est pourtant le première image de ma vie, ce sol d'appartement au 4 "Villa Mariotte" avec sa couleur orangée foncée, un peu boisée et brillante, mais surtout parcourue par des lézardes interminables sur lesquelles mes premiers jouets et pas ont évolué :imaginez un sol en ciment peint et vernissé avec ces fendillements en réseau qui on définitivement marqué la mémoire de ma rétine lors des premiers déplacements à la découverte du vaste monde; l'environnement de ma chambre, lit à montants en bois bleu, un cagibi dans lequel le linge montait au plafond sur un séchoir suspendu, "mon trésor" le tiroir qui m'était attribué dans l'armoire à glace, un coffre à jouet, un nounours, une boite métallique ayant contenu de la colle blanche, rapportée du bureau par papa, qui me servait pour ranger mes premières pièces de monnaie en aluminium...

     Un dimanche, c'est l'après midi; je revois ma mère en train de prendre un café (?) sur la table de la cuisine, elle somnole un peu et se sent fatiguée avec mal de tête; je remarque  à l'odeur que le gaz de la cuisinière est resté ouvert sans être allumé; j'appelle papa qui est dans la chambre : il me félicite « j'ai sauvé maman » !

Lui, il a la charge de nous calmer quand on se réveille la nuit avec un cauchemar en restant un peu, le temps qu'on se rendorme, glissant sa main sur notre tête d'un geste apaisant; le matin c'est chacun son tour à la salle de bain; il nous réveille et m'annonce mon passage dans 5 mn au moment où il attaque son rasage; j'aime son baiser encore piquant, les odeurs de café au lait, d'after have et et brillantine FORVIL qui l'entourent ... Décidement je cultive mon odorat ; plus tard avec mes enfants on s'amusera, les yeux bandés à identifier les senteurs des divers produits de la cuisine, du chocolat à la lessive !

           Notre chambre, car Babette est venue rapidement me rejoindre donnait dans celle des parents, celle-ci dans un petit couloir où allait bientôt trôner une machine à laver impressionnante, une cuisine; et puis les fenêtres, celle de la cuisine donnait sur une cour intérieure de l'immeuble, sombre et dont le sol était couvert de mousse verte, celles des chambres sur les pavillons tous identiques de l'autre côté de la rue, différents par les coloris des grilles et les premières voitures ("Vedette", Simca); à côté une petite épicerie où j'allais - plus grand - chercher du lait dans des bouteilles en verre consignées. Je vous ai dit  la machine à laver sur roulette, ronde, qu'on rapprochait du gaz et de l'évier pour la faire fonctionner, avec sa cuve ouverte comme une centrifugeuse, la glacière dans laquelle on faisait livrer des pains de glace - découpés au pic et marteau - par le camion du glacier... et très vite un tourne-disque, remonté par une manivelle, avec ses aiguilles en acier à remplacer souvent et les premières comptines : je me souviens surtout de "La boulangère à des écus..." et des chants de Noël.

        Il est possible de voir de la prédestination professionnelle dans ce qui suit :-) La nuit, comme tous les enfants du monde , avec ma petite soeur, nous avons peur dans le noir ; les parents ont beau être à côté, ou justement parce qu'il le sont :-), la porte est en principe fermée entre eux et nous; on a négocié : un rayon de lumière est autorisé, la porte peut rester entrouverte de la dimension entre mon pouce et mon index écartés au maximum (à l'époque ça fait 5 cm environ); je le fais scrupuleusement; Babette m'en veut de respecter la règle : elle a remarqué qu'en écartant mon pouce de mon index avec un peu de vigueur la porte s'ouvre un peu au delà , sur sa lancée ! Et moi je la referme au bon espacement; il faut dire que ma tête de lit donne sur la porte alors qu'elle dort au fond de la pièce !

          La télévision derrière la vitrine du marchand où les curieux se regroupaient pour voir le progrès en marche alors que les derniers réverbères au gaz fonctionnaient encore dans la rue... quand je me retourne je vois un kyrielle d'inventions : le mini transistor rapporté du japon par un steward voisin, la 2CV Citroën, le téléphone chez les voisins et plein de "découvertes" et progrès techniques !
Le matin je devine le veilleuse des becs de gaz dont la flamme va être montée le soir comme les lampes à pétrole qu'on sort lors des coupures électriques, plus fréquentes que maintenant.

La Marne est à 100 mètres; un jour elle débordera et il faudra marcher plusieurs jours sur des chemins de planche comme des bancs à touche-touche; en hiver 1956, avant notre départ pour St-Germain, elle gèlera intégralement et nous irons faire des photos à pied sec sous l'arche du pont; mais ce n'est pas une surface plane comme un lac mais un enchevêtrement de blocs, pas de glissades espérées... 


Chapitre 2

Le  "courant d'air"

            Le départ en vacances d'été se fait comme un rituel: chaque année on embarque dans une des trois  2CV Citroën consécutives, et plus tard dans l'ID19 de la même marque; elle ne me réussit pas cette marque ; en dépit des chants, le mal de cœur me prend vite car les routes ne sont pas droites et les Citroën balancent et ont une odeur... bref il faut s'arrêter pour vomir plusieurs fois; je crois que j'ai battu le record de plus de 10 dans un seul aller à Rennes ! Cela ne commence à aller mieux qu'en abordant les derniers virages qu'on connaît ...par cœur et le passage du pont au dessus de la Seiche avec un dernière remontée d'estomac; papa négocie le passage de la grille, les graviers crissent et Diane nous fait une fête d'aboiements et de queue qui fouette de joie; elle sait qu'elle va de nouveau nous accompagner tous les soirs quand j'irai  en vélo chercher le lait à la ferme DESBOIS. Le voyage en voiture a duré presque sept heures; le premier diner est toujours le même : nouilles/jambon/gruyère et dessert au tapioca avec la peau du lait qu'on fait bouillir tous les matins pour le petit déjeuner; on a droit à un verre de cidre « maison »; avec les pommes vertes des jours suivants on est sûr de la "turista" chaque début d'été!




A Pont-Péan mes grands parents maternels on une grande maison, genre manoir, une "demeure "qu'on appelle "château" avec son grenier à merveilles, sa véranda où les tantes se disputent le mot croisé de Ouest-France (au crayon papier qu'on efface pour l'autre) et "Fripounet et Marisette" la bande dessinée quotidienne; avec Babette nous partageons nos tantes avec un sucre au canard; mais surtout il y a "le parc" un vrai terrain d'aventure d'un hectare boisé, avec ses circuits pour vélo, l'étang à grenouilles avec son île, ses pommes vertes, le noisetier, le"banc rond" où on joue à "la bague d'or" avec Monique GAULAY, Jacqueline PLONQUET et Jean-Marc SAUFFISSEAU, puis Josette RENARD et Michel LE MENS ;  Jean-Marc, avec ses deux ans de plus que moi, c'est  lui qui m'apprend plein de choses: comment tenter d'attraper des oiseaux avec la glu extraite des boules rouges des ifs (je vous confirme: cela ne marche pas!); comment pêcher des grenouilles avec une épingle recourbée en guise d'hameçon; ou faire un bruit de mobylette en fixant un carton dans les rayons de la roue, maintenu par une pince à linge....

tout est là encore en images anciennes  :

http://envor2004.free.fr/cariboost1/crbst_1.html

Entre la maison des Sauffisseau, au dessus de l'ancienne orangerie qui fait garage à vélos, et celle que se partagent les tantes et mémé, un passage où souffle en permanence un vent qui va du parc aux potagers de l'avant (les framboises - logan? berry", groseilles à maquereau et croquantes feuilles d'oseille): c'est lui le courant d'air; avec une entrée encore plus froide dans la cave où se trouve la citerne qui alimente en eau la maison (au début il n'y pas encore l'eau courante!), les bouteilles de cidre parfois huileux que je suis chargé d'aller chercherentre les toiles d'araignée et les pommes chiffonnées et les produits frais à l'abri dans leur boîte finement grillagée.
 

Lionel R.

           C'est jeudi. A l'époque c'est encore le jour où il n'y a pas école; depuis c'est devenu le mercredi qui coupe mieux la semaine; mais on ne comprend plus le sens de la "semaine des quatre jeudis"! D'habitude on va faire un tour au square; Babette et moi accrochés de chaque côté du landau où babille Philippe; je suis en deuxième année d'école; j'ai trois amis, la blonde Laurence COURTEL fille du bijoutier de la place du marché où un jour je connaîtrai la colère pour une barbe à papa; Agnès GENTIL qui porte si bien son nom, avec ses tresses sagement attachées au dessus de la tête; et Lionel, un déluré avec sa blouse grise; il m'a invité à goûter chez lui ce jeudi et je suis fier de cette première fois; arrivée à la grille on sonne; une dame nous ouvre, c'est la bonne qui répond à maman que le goûter n'existe pas; Lionel a déjà fait plusieurs fois de lancer des invitations "bidon" ...et je repars déconfit et vexé;

SCOOP ! Grâce à "copains d'avant je viens de le retrouver ; il ne se souvient plus du tout de cette histoire :-) 
voici son "droit de réponse":...."Mes excuses très tardives pour t'avoir invité à goûter et t'avoir fait faux bond. Je n'en ai aucun souvenir. Je devais quelquefois faire des invitations, non pas nécessairement pour goûter mais pour jouer car la maison où nous logions était entourée d'un jardin de 1200m2. C'était effectivement une grande maison bourgeoise de la fin du XIX°, située au nn avenue Michelet (la rue de l'école), en face d'un garage. Elle était en meulière ; sa grille, après avoir été vert foncé, était devenue noir faute d'être repeinte et sa porte était couronnée d'une magnifique glycine. Mes parents y étaient logés très modestement par deux personnes âgées (frère et soeur) qui pendant la crise du logement après la libération avaient craint d'être obligées d'accueillir des sans logis et qui avaient pris les devants en hébergeant mes parents comme locataires. La personne que tu as vue devait être ma marraine qui était l'un des propriétaires et je peux t'affirmer qu'aucune bonne ne veillait sur moi et que la fortune décadente des propriétaires ne leur permettait pas ce signe de richesse. Toutefois, je pense que son tablier et sa façon de s'habiller devait lui donner l'aspect d'une bonne...."

.J'ai retrouvé aussi Laurence aux hasards de recherche sur Google en avril 2009; elle ne se souvenait pas de moi non plus :-)))






 La baguette de pain et autres traumatismes gourmands et enfantins

 

          Le dimanche, papa rapporte des baguettes pour le midi; ce matin là après le petit déjeuner, je prends un morceau croquant et parfumé d'une quinzaine de centimètres; pourquoi ai-je une observation parentale? Peut-être est-il déjà tard et cela risque « de me couper l'appétit » pour le repas du midi? Ou la taille du morceau est excessive? En tout cas j'ai la remar-que que je ne vais pas réussir à tout finir...et c'est ce qui se passe ! Plus faim , même en me forçant ! Je mets discrètement le morceau dans la poubelle de le cuisine; le midi en y jetant les couvercles de huîtres dominicale on y trouve le croûton à ma grande honte: le preuve, je m'en, souviens encore !


C'est encore la « maternelle » ; la consommation de chewing-gum y est formellement interdite; je crâne auprès de mes voisins de rang avant de rentrer en classe ( on se met en rang par deux et on "prend ses distances" en appuyant la main sur l'épaule du condisciple de devant !) : je lui montre un tout petit bout de mon mouchoir qui a un galon... rose, en lui faisant croire que j'ai cette friandise prohibée dans ma poche; il me dénonce à la maîtresse (une bretonnante qui nous apprend des chants en breton en pleine région parisienne!); je dois vider mes poches devant tous en rougissant sous l'affront de l'accusation : heureusement je suis innocenté !


En 1954, j'ai du mal à avaler les berlingots de lait froid et non sucré qu'on nous distribue grâce à Pierre Mendès France : le souvenir n'en est pas bon, mais aujourd'hui je reste un grand consommateur de lait !

Fête foraine sur la place du marché; j'ai le droit d'y aller seul (à l'époque peu de danger et parents inconscients!) ; je n'ai pas 7 ans ; avec mes économies je m'achète une gigantesque « barbe à papa »; quelques galopins flairant l'aubaine m'entourent  comme des moineaux et me chapardent des bouts de « coton » roses ; de colère et ne pouvant me défendre je ratatine en boule la matière duveteuses et collante et la cache dans ma poche: je n'en profiterai pas , mais ils ne l'auront pas non plus !


Merci de me dire, docteur Freud, si ces expériences de victime, d'accusé coupable ou moins, expliqueront mon orientation professionnelle :-))


Mes goûts enfantins : je déteste les endives cuites, tellement amères même si Maman les appelle « chicon » comme dans le Nord ; la purée d'épinards et les raviolis en boite du dimanche soir...

j'adore : les pommes vertes et les noisettes pas mûres de Pont-Péan ... et le sucre sous toutes ces formes; je suis cantonné à 5 morceaux par jour, surtout le matin pour lire dans mon lit ; à Pont-péan je ne dois pas me faire prendre quand je vais en piquer dans la cuisine et qu'il faut refermer sans bruit le couvercle du sucrier; les tubes de lait concentré et de crème de marron filent aussi; aujourd'hui je me restreins – de crainte du diabète – et je suis passé progressivement de 7 morceaux à 2 dans mon demi-litre de lait matinal !

          Mon père avait bien confiance en son fils et dans ses talents de chauffeur; avant mes huit ans (c'est mon seul repère, le déménagement pour l'autre côté de Paris) il veut bien m'initier à la conduite des véhicules; me voici sur ses genoux au volant de la 2cv Citroën familiale, lui s'occupant des pédales et moi de la direction; nous faisons le tour du quartier ...et ce qui devait arriver survient; je perds le contrôle, le voiture monte sur le trottoir et va cogner le mur...de la clinique voisine! L'aile est fortement bosselée et nous rentrons penauds à pied à à l'appartement; contrairement à mes craintes, cet accident le fait rire et seule maman est fâchée; ces séries de 2CV avaient de nombreux défauts : balancements vomitoires; nécessité de prendre de l'élan pour grimper les côtes...et barre centrale pour celui qui s'asseyait au milieu..ce qui est arrivé dès qu'on a été plus que quatre : merci Philippe !!
A suivre ....

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