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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 17:35

  Dans la vie, il y a souvent une "première fois"....   

 

     Prendre la parole en public est toujours un exercice périlleux ; le faire quand on n'est pas (encore) un "professionnel", qu'on est un débutant ou que c'est occasionnel (et qu'on a aucune ou peu d'expérience), n'est jamais simple. Surtout si le trac vous paralyse parce que les conséquences sont notables sur votre image, pour votre carrière ou par le nombre ou le prestige des auditeurs, etc.

 

Dans les multiples "petits trucs" de pure forme que je vais partager avec vous, je ne veux faire profiter de mon expérience (et donc de mes ratés) que ceux qui vont être confrontés à un discours institutionnel ou professionnel de grande importance et qui veulent donc le prévoir avec soin et ne prendre aucun risque. Ayant préparé consciencieusement votre prestation, vous arriverez plus détendu et n'en serez que meilleur(e).

Si donc vous êtes sur le point de décerner ou recevoir en grande pompe une distinction honorifique, de prononcer un discours de fin d'année ou de bilan, de prise de fonctions ou lors d'une audience solennelle ou une assemblée générale; si vous allez être reçu à l'Académie ou que vous devez faire l'éloge public de votre grand patron qui part en retraite ou vient de décéder, ce qui suit est fait pour vous...

 

1°/ Votre discours doit être écrit

Même si vous avez de grands talents d'improvisateur, la situation vous interdit, par définition, de prendre le moindre risque (vous n'êtes pas à un banquet de mariage!); si vous y tenez absolument, rédigez - au moins - votre introduction et la conclusion et notez de façon résumée les points-clefs que vous allez successivement aborder.

"Écrit" cela ne veut pas dire "manuscrit" ; même si votre écriture est magnifique cela a des inconvénients nombreux de lisibilité, publicité et fait peu professionnel; vous n'êtes pas un écrivain à l'ancienne et les traitements de texte sont faits pour qu'un document soit "travaillé" jusqu'à sa perfection.

Attaquez le dossier suffisamment à l'avance (plusieurs semaines) pour rassembler les éléments nécessaires, retrouver la citation qui manque, laisser "reposer", reprendre, décanter encore, corriger, relire plusieurs fois.

Soignez l'orthographe (le correcteur automatique vous aidera) car votre discours ne sera sans doute pas lu que par vous (on en reparle plus bas). Et on ne sait jamais, une extinction de voix, un malaise, s'il est lisible, quelqu'un pourra le prononcer pour vous !

In fine, faites relire votre prose par un oeil "neuf" et pas trop complaisant (conjoint, etc.).

 CIMG7667.JPG

 

2°/ Vous allez donc faire une lecture

      Sauf si vous êtes un professionnel du théâtre ou que vous vous appelez De Gaulle, vous ne l'apprendrez pas par coeur, mais allez lire votre texte, en tentant de "mettre le ton" et de regarder de temps en temps votre public pour retenir son attention du regard.

Exercez-vous rapidement chez vous à lire plusieurs fois votre projet à voix haute ; cela présente au moins deux avantages:

 - connaître la durée de votre intervention, pour voir si elle cadre bien avec le minutage prévu;

- passer du style écrit d'origine au style parlé : vous allez vous apercevoir, en les prononçant à haute voix, que certaines de vos phrases ne sont pas adaptées à la parole : ponctuation, mots de liaison, répétition, raccourcissement des phrases, à chaque lecture vous allez ciseler le texte pour le rendre audible, "fluent" c'est à dire "coulant bien" à l'oreille, sans accrocher, s'essouffler, ou perdre le fil de la pensée par trop d'emboitages style "poupées russes".

 

L'idéal si vous le pouvez, est d'apprendre par coeur votre introduction et la conclusion : vous aurez ainsi un phrasé plus naturel et vous pourrez regarder votre auditoire dans les yeux à ces deux moments primordiaux de votre intervention (au début quand tout le monde écoute et se fait une première impression, et à la fin quand on se prépare à applaudir). Mais à force d'avoir relu tout haut votre texte, vous le maîtriserez et pourrez à certains moments le quitter prudemment des yeux ...

 

3°/ Si vous le pouvez , allez sur place un peu à l'avance et mieux quelques jours plus tôt ; il est bon de vérifier:

- la lumière (suffisante pour lire, pas de projecteur aveuglant?)

- le son (sensibilité du micro, faut-il parler loin ou près? Prévoir un son plus fort dans une salle pleine au moment des réglages de puissance, et si ajustables, les aigus et graves)

- le pupitre (ajustement de la hauteur par rapport à votre morphologie, surface pour une ou deux feuilles en même temps, pour un verre d'eau? Inclinaison?)

 

La distance entre le support de votre texte et vos yeux est primordiale: grâce à l'échantillon que vous apporterez pour tester la sono, vous apprécierez si vous pouvez lire sans difficulté, et serez ensuite en mesure de régler la taille de votre police de caractères.

Il faut trouver le compromis entre le moins grand nombre possible de pages et leur lisibilité.

 

4°/Le support écrit : n'abusez pas du fluo, du gras et du souligné et bien sûr, n'imprimez votre texte que sur un côté et pas recto verso. Tout ceci a une grand importance esthétique dont le but est de faire oublier le plus possible à votre auditoire que vous lisez, en "gommant" au maximum la visibilité des feuilles de papier.

- Celles-ci doivent être apportées sans avoir été pliées (ni en 2, encore moins en 4!), ni roulées : sur le pupitre elles doivent rester bien à plat et quasi invisibles; si vous le pouvez, disposez-les quelques instant avant de prendre place qu'on ne vous voit pas avec du papier dans les mains: rien n'est plus inquiétant pour les auditeurs que l'orateur qui sort de sa poche une grosse liasse de feuilles :-).

- N'agrafez pas votre texte : pour la même raison vous n'allez pas "tourner" les pages comme un livre, mais les faire glisser à plat. Ce faisant vous prenez un risque de mauvais relais pour le passage d'une page à l'autre : le remède consiste à numéroter en gros caractères chaque page en haut, et en bas d'indiquer le numéro de la page suivante. Bien entendu, avant impression, veillez bien à ce que les phrases - et mieux les paragraphes - ne soient pas coupés en bas de page, quitte à laisser un blanc.

 

CIMG7666

- Comme indiqué supra, choisissez une taille de caractères et un interlignage suffisamment importants sans pour autant aboutir à une pagination trop rapide; en lisant vous allez vous efforcer de lever régulièrement les yeux de votre texte quelques instants, et il faut retouver rapidement du regard, la ligne de reprise.


- Pensez à la double sécurité "ceinture et bretelles" : enregistrez votre texte sur un site internet accessible de partout (webmail ou coffre-fort numérique) et sur une clef USB (à emporter avec vous): ===> si votre discours est perdu (oublié dans le taxi, volé par un rival, mouillé par un café renversé, etc.) vous aurez sans doute facilement le moyen de l'imprimer rapidement sur place; ne riez pas, l'assurance c'est toujours inutile avant l'accident, mais imaginez la catastrophe...

      Je ne l'ai pas expérimenté, mais vous pouvez tenter la lecture à partir d'une tablette tactile, pour faire "moderne" comme le présentateur de la télé qui a désormais remplacé souvent ses anciennes fiches...


5°/ La prise de parole

 

Votre préparation a donc été idéale, votre assurance est au top, vous arrivez détendu...

De même que mon propos ne vous a aucunement aidé à rédiger le contenu de votre discours, en bon français, avec la citation ou l'anecdote qui convient, au bon moment (vous pouvez acheter sur le net des modèles si vous n'y arrivez pas), de même je ne suis pas un professeur de diction ou de lecture...loin s'en faut ; je ne peux vous donner que quelques tous petits conseils:

- n'oubliez pas d'éteindre votre téléphone portable (en espérant - ça m'étonnerait - que tous vos auditeurs y aient pensé de leur côté!);

- même si ça fait "convenu", si vous pouvez avoir de quoi boire pour hydrater votre bouche désséchée, n'hésitez pas, ou juste avant, sucez un bonbon pas trop sucré;

- parlez lentement et le plus grave possible (les filles aussi) : une voix posée est plus agréable à comprendre et le trac a tendance à faire accélérer le débit (pour finir plus vite?) et sur un ton un peu plus "perché";

- respirez. Faites des pauses. Quelques réflexions utiles

Vous pouvez, à titre d'exercice préalable, écouter (par exemple à la télévision) les orateurs, repérer leur défaut, comprendre pourquoi ils vous captivent ou non, quel est leur débit, leurs répétitions, les éventuels "loupés": observez les autres dans des situations comparables, ne soyez plus des auditeurs passifs ou inattentionnés : vous apprendrez beaucoup et relativiserez l'importance d'un bafouillis ou d'une phrase mal construite.

 Discours1.jpg           discours2.jpg       discours3.jpg       discours5.jpgSi par impossible vous étiez privé de pupitre ou de table, prenez des feuilles d'un plus petit format (ou fiches cartonnées), eventuellement imprimées - exceptionnellement - des 2 côtés (et ne vous mélangez pas les pinceaux!)

6°/ Diffuser ses propos

Avec un peu de chance, si le discours s'adresse à quelqu'un, il vous dira qu'il aimerait tellement avoir votre texte en souvenir, que vous pourrez lui donner [dédicacé? ] l'exemplaire sur le quel vous venez de transpirer un peu.

Anecdote : il m'est arrivé régulièrement de prononcer un discours annuel en parallèle de celui d'un autre co-dirigeant; le lendemain celui-ci était très surpris de voir que certains de mes propos étaient fidèlement retranscrits dans la presse écrite...et pas les siens, alors que les journalistes avaient entendu les deux. Pourquoi? c'est très simple...

Si vous disposez d'un chargé de communication ou d'un service en relation avec la presse, pas de problème; si vous êtes seul, voici comment faire :

Fini le temps où on arrivait avec une dizaine d'exemplaires du discours pour le distribuer à la presse (exercice immodeste et matériellement délicat quand on est seul) ; contentez-vous de préparer à l'avance un groupe d'adresses électroniques de courriel et diffusez votre texte à qui bon vous semble, juste avant ou après le discours, en précisant - pour faire très pro - "PROJET, seul le texte réellement prononcé fait foi et engage son auteur " Pensez à utiliser un format courant, lisible par tous les PC et Mac (genre ".pdf" ou ".txt").

...Et voilà pourquoi il fallait aussi veiller à son orthographe (et me pardonner mes éventuelles coquilles dans cette page).

 

...et Bon courage ! N'oubliez pas "Les paroles s'envolent...."

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commentaires

Philippe 24/03/2012 10:19

Bonjour, moi mes discours je les écris et lis sur un IPad, est-ce bien? Et merci pour tous ces conseils.

celek 26/03/2012 10:15



 @Philippe Comme je l'ai écrit : ...."Je ne l'ai pas
expérimenté, mais vous pouvez tenter la lecture à partir d'une tablette tactile, pour faire "moderne" comme le présentateur de la télé qui a désormais remplacé souvent ses anciennes
fiches...:  Au contraire ton
expérience m'intéresse !



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