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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 16:14

 

Il y a une impossibilité à écrire correctement, en parlant d'un bébé, la phrase  : «il vient de fêter ses un an», car notre orthographe, pourtant sophistiquée, n'a pas prévu l'accord d'un singulier avec un pluriel ; pas grave, je n'ai aucun souvenir conscient de cet âge...

 

Je ne suis pas non plus - comme Alain SOUCHON - resté "bloqué" sur mes dix ans, même si je revendique une fidélité à mon enfance; et ce n'est pas le père du Petit Prince qui me démentira : ..."On est de son enfance comme on est d'un pays"...  

 

Non ce sont mes 8 ans qui me reviennent en mémoire; ce chiffre de 8, dans une combinaison secrète que je ne peux vous révéler, c'est d'abord un signe de reconnaissance mis au point avec ma soeur dans l'hypothèse où nous aurions eu besoin de nous identifier dans une configuration "à la Anastasia";
certains sont déjà précoces à cet âge; je n'ai pas souvenir d'avoir été dans ce cas :-)

Si je me souviens particulièrement de cette année là, au siècle dernier, c'est surtout par une coïncidence, car, comme on dit "je n'ai pas la mémoire des chiffres": quand j'ai eu 8 ans, je me suis retrouvé à la rentrée en "huitième"; à l'époque on numérotait les classes de la 12éme à la première, puis la "terminale", pour finir avec le bac en poche. Donc la "8ème" , c'était le CM1; j'avais une année d'avance (que j'ai reperdue en redoublant mon second baccalauréat, oui, il y avait un diplôme en deux parties ); bref, mon moyen mnémotechnique : 8 ans = 8éme .
Comme j'étais l'aîné ( Ah les effets si peu étudiés du rang dans la fratrie!) j'ai toujours été "grand" (vos enfants de cet âge le sont aussi), mais je me souviens bien de mes 8 ans pour d'autres raisons:
- c'est cette même année que la famille a déménagé d'une banlieue parisienne à une autre, plus chic car à l'Ouest, dans un appartement neuf où je partageais ma chambre avec mon frère ; le groupe scolaire (élémentaire et secondaire) était juste en face de l'immeuble; il me suffisait de partir à la première sirène, 5 minutes avant l'heure du cours, pour arriver à temps dans la cour où on se mettait en rang (en "prenant ses distances") avant de monter en classe;
- il serait inconvenant d'oublier que cette même année l'arrivée d'une seconde petite soeur permit d'accoler l'adjectif "nombreuse " à la famille et d'avoir une belle carte de réduction SNCF ; la plus ancienne photo qu'il m'en reste, n'est pas flatteuse !Numeriser0007.jpg
Merci à mes parents d'avoir utilisé une chirurgie esthétique alors balbutiante, pour m'éviter les moqueries des oreilles décollées. Dans certaines rues il y a encore des becs de gaz; tous les mois le "payeur", avec sa grosse sacoche pleine, passe déposer en liquide les allocations familiales; inimaginable aujourd'hui !

 

A l'époque - si si on avait l'électricité! - c'était chez les voisins qu'on allait téléphoner et eux venaient voir la télévision chez nous... Grâce à elle, mon père allait gagner quelques sous dans un jeu télévisé qui nous permettrait de rouler deux ans plus tard en ID Citroën, la DS de base.

En attendant il fallait bien se contenter de la 2CV: sa barre centrale du siège qui punissait celui qui n'avait pas un côté "fenêtre"; sa jauge d'essence manuelle, l'aération avant par volet grillagé, les caoutchoucs noirs des sièges amovibles, la capote roulée par beau temps, la boule du changement de vitesse, l'odeur sui generis et le roulis des voyages interminables pour les vacances en Bretagne, avec l'angoisse de battre le précédent record du nombre d'arrêts-vomissement.

2CV_1959-copie-1.jpg

Quand l'essuie-glace tombait en panne, on tournait la molette à la main, quand il fallait doubler un camion, on prenait de l'élan dans la descente... et en hiver on lui mettait son petit manteau au moteur !

 

Quand on a 8 ans, les vacances d'été, elles durent bien longtemps; la propriété des grands parents était un terrain d'aventures et de découverte sans pareil; ces années-là, on pouvait encore faire plein de bêtises risquées, sans angoisse de la réglementation et du principe de précaution; nos parents, qui avaient aussi profité de cette liberté, me sembleraient aujourd'hui bien inconscients...

 

A cet âge, pas d'angoisse existentielle sur l'avenir professionnel ou de tracas amoureux, pas d'orientation politique, juste la découverte que les pommes vertes provoquent des ennuis gastriques, que la résine des conifères ne permet pas de piéger les oiseaux etc., du basique quoi!

A l'école, ce sont les billes et les échanges de timbres qui rythment les récré; comme chaque année j'ai choisi en classe ma place préférée, au deuxième rang, deuxième rangée, à gauche pour ne pas être gêné par mon voisin quand j'écris avec ma main qui n'a pas été contrariée.

 

A la maison, vautré sur le lit avec une provision de friandises, je bouquine, les Jules Verne dans la bibliothèque verte, dans la bibliothèque "rouge et or" je relis plusieurs fois "la guerre du feu", "le cheval sans tête" 229142-0.jpg source

et même des livres "de filles", comme "Puck écolière

 

Je n'imaginais pas alors que les "Mistral(s) gagnants" deviendraient une chanson à succès et que plus grand monde ne saurait ce qu'ils étaient*, tout comme les coco boer (scoop, ils reviennent!) ou les points "DH" .

 

On est encore éternel et sans souci, bref mes huit ans je les ai rangés sans conteste dans mes souvenirs heureux... Que vivront les petits garçons qui ont 8 ans aujourd'hui? Moi qui ai longtemps cru au progrès historique, il m'arrive de douter ...

 

  Sur le même sujet on peut aussi consulter cette page 

* Les "mistral" étaient des friandises constituées d'une pochette papier (environ 5 cm x 12 cm) de couleur flashy (verte, rose ou orange), collée et qui contenait quelques grammes d'une poudre blanche (!) acidulée et pétillante et étaient complétés d'une paille comestible en réglisse fantaisie; on coupait un coin et on aspirait la poudre avant de manger la paille; mais outre le goût sympa, le principal attrait était qu'en soulevant le rabat de papier on pouvait lire "gagnant" assez souvent , ce qui donnait le droit à un mistral gratuit supplémentaire; CQFD !

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commentaires

Sendral 15/03/2011 09:08


Très bel article, pour se souvenir et rêver

Cordialement


cudennec -Elek Catherine 04/12/2010 16:22


Moi, la petite dernière , je pense que le jeu auquel notre père a participé,était "Tic,Tac, Dou" et non pas "La tête et les jambes" car on avait la boîte de jeu à la maison avec lequel on n'a
jamais joué car jamais compris la règle du jeu... mais peut-être me trompe-je. je vais demander à papa.
Il avait aussi participé à un jeu à la radio mais lequel?Caherine


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